Un groupe de fourmis sur une feuille s'entraident pour faire un pont

Les fourmis résistent à la hausse de chaleur des sols grâce à leurs activités de bioturbation et notamment la confection de nids plus profonds et plus populeux, dont l’architecture est adaptée.

© Marc Legendre - IRD

Chaleur ? Les fourmis creusent en profondeur !

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Ingénieures de l’écosystème, les fourmis regroupent différentes espèces essentielles pour l’équilibre écologique. Comme les vers de terre et les termites, elles modifient la distribution des matières organiques, de l’eau et des systèmes d’aération des sols via leurs activités, favorisant le développement de certains organismes. C’est ce que l’on appelle la bioturbation. Étudier les conséquences du réchauffement de la surface des sols sur les fourmis est donc un enjeu majeur pour répondre à l’Objectif de développement durable n°15Préserver et restaurer les écosystèmes terrestres de l’Organisation des Nations unies. Mais alors que, jusque-là, les scientifiques testaient surtout la réponse des individus à l’augmentation de la chaleur, une équipe composée notamment de membres de l’IRD propose une approche beaucoup plus moderne. Ici, on ne cherche plus à savoir comment résistent les fourmis seules, mais comment elles s’adaptent en tant que groupe, grâce à leurs nids et la bioturbation qui en découle. Pour cela, les scientifiques ont étudié une espèce généralisteQui peut vivre dans une grande variété d’habitats en laboratoire, où, grâce à des images 3D obtenues par tomographieTechnique d’imagerie permettant d’avoir des images en coupe, ils ont pu scanner à différents moments la porosité du sol en fonction de l’augmentation des températures. Et les résultats sont remarquables : plus le sol est chaud, plus les fourmis construisent des nids très peuplés et profonds, leur permettant de survivre au-delà des 35°C auxquels elles succombent lorsqu’elles sont isolées, et donc dans l’incapacité de construire un nid. Le choix de l’expérience a ainsi permis de confirmer l’apport du groupe dans leur grande capacité d’adaptation, qui aura à son tour des conséquences sur la porosité du sol et les autres organismes qui y vivent.

  • Preuve expérimentale que l'augmentation de la température de surface affecte la bioturbation par les fourmis.

    Fatima Garcia Ibarra, Pascal Jouquet, Nicolas Bottinelli, Angélique Bultelle, Thibaud Monnin, Experimental evidence that increased surface temperature affects bioturbation by ants, Journal of Animal Ecology, décembre 2023.

    https://doi.org/10.1111/1365-2656.14040

  • Louise Hurel, IRD - DCPI