Mesure de la pluviométrie et de l’humidité du sol, au Niger

© IRD/Luc Descroix

Le vieux chef et le pluviomètre

Sommaire

J'aime

4

Quand les consignes sont prises très au sérieux.

« Le mieux peut devenir l’ennemi du bien, en hydrologie comme dans tout autre domaine. L’application à bien faire d’un chef de village guinéen m’en a fourni une illustration, plutôt amusante a posteriori.

Nous installions des pluviomètres automatisés dans le bassin de la Gambie -  dans le Fouta-Djalon, en zone guinéenne - au milieu des années 1980, pour connaitre plus finement le climat et suivre son évolution. Ces appareils recueillent l’eau des précipitations dans un cône orienté vers le ciel et télétransmettent les mesures via une balise Argos.

Comme toujours, j’avais recommandé au chef du village voisin de bien prendre soin de l’instrument, dans l’idée qu’il veille à prévenir des vols ou dégradations du matériel. Par la suite, nous nous sommes étonnés de ne pas recevoir d’information de ce capteur. En fait, la balise transmettait bien des données mais ne relevait pas la moindre trace de pluie, alors que d’autres équipements dans la région enregistraient régulièrement des précipitations.

En revenant sur le terrain des mois plus tard pour inspecter et faire la maintenance notre réseau d’instruments, nous avons eu le fin mot de cette surprenante anomalie climatique locale. Le vieil édile, très consciencieux, avait fait construire une paillote sur le pluviomètre pour mieux le protéger ! Grâce à sa vigilance, l’appareil était bien à l’abri de la pluie… »

par Luc Descroix, hydrologue