La cacahuète cultivée, ici par les Caiabi, population autochtone du Brésil, présente une diversité de forme, de taille et de couleur.

© Fábio de Oliveira Freitas

La cacahuète cache son jeu…de gènes

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Mis à jour le 18.07.2019

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Comment la cacahuète peut-elle exister sous une telle diversité de taille, de forme et de couleur de graines ? Au-delà de l’intérêt pour varier la présentation à l’apéro, la question taraude les botanistes et généticiens. Comme nombre de plantes issues de l’hybridation, l’arachide possède en réalité deux génomes - ceux des plantes-ancêtres - qui continuent de cohabiter dans son noyau. La démonstration en avait été faite il y a trois ans(1). Les chercheurs avaient alors identifié les espèces, Arachis ipaensis et Arachis duranensis, encore présentes, comme donneuses des sous-génomes. De nouveaux travaux de séquençage, c’est-à-dire de détermination de l’ordre des éléments de bases qui composent l’ADN, du génome de la cacahuète elle-même (Arachis hypogea) ont permis de révéler l’origine de la diversité de cette espèce(2). Les scientifiques, parmi lesquels Marie Mirouze, chargée de recherche dans l’UMR DIADE, et Sophie Lanciano, alors étudiante en thèse dans l’unité, ont identifié les mécanismes qui ont permis de générer les différentes variétés cultivées : chez chacune d’elles, des segments entiers d’ADN ont été échangés entre les sous-génomes tandis que d’autres régions ont purement et simplement été supprimées. En croisant les deux espèces ancestrales, les chercheurs ont également pu observer la création de diversité en temps réel : après sept générations, de nouvelles couleurs de fleurs sont apparues !

Deux espèces croisées, sept générations plus tard : trois nouvelles couleurs de fleurs d’arachide !

© David Bertioli


Notes :
1. David J. Bertioli et al. The genome sequences of Arachis duranensis and Arachis ipaensis, the diploid ancestors of cultivated peanut, Nature Genetics. 22 février 2016 ; doi : 10.1038/ng.3517

2. David J. Bertioli et al. The genome sequence of segmental allotetraploid peanut Arachis hypogaea, Nature genetics, 1er mai 2019 ; doi : 10.1038/s41588-019-0405-z


Contact : Marie Mirouze