Le 6 février, journée internationale de lutte contre les mutilations génitales féminines, est l’occasion d’informer et de sensibiliser sur le sujet.

© PSI Mali

La migration contre l’excision ?

Mis à jour le 28.08.2019

L’excision, l’altération délibérée des organes génitaux des femmes sans raison médicale, pourrait-elle être contrée grâce à la migration ? Oui, répondent Idrissa Diabaté et Sandrine Mesplé-Somps. Du moins, la migration de retour ! Les chercheurs, à l’Institut national de la statistique du Mali et à l’IRD, se sont penchés sur le cas du Mali, pays qui allie deux caractéristiques : un taux d’excision élevé – 93 % –  et une longue tradition de migration. Les données du recensement couplées à celles de l’Enquête Nationale sur l’Excision au Mali (2009) ont montré que la migration de retour fait reculer l’excision(1). En jeu ? Le phénomène de « transferts sociaux », le transfert au pays d’origine de normes culturelles, sociales ou politiques acquises dans les pays de destination de migration.  Ainsi, les filles de moins de 15 ans vivant dans un village où vivent d’anciens migrants ont un risque d’excision moindre, toutes choses égales par ailleurs (pour une même ethnie, à niveau d’éducation des parents équivalent, etc.). C’est surtout vrai quand les migrants reviennent de Côte d’Ivoire — et non, comme on aurait pu le croire, d’Europe ou d’Amérique.


Note : 
1. Idrissa Diabaté & Sandrine Mesplé-Somps, Female genital mutilation and migration in Mali: do return migrants transfer social norms?, Journal of Population Economics, 3 mai 2019 


Contacts :
Idrissa Diabaté/Institut national de la statistique, Mali

Sandrine Mesplé-Somps/UMR LEDa, équipe DIAL