Tête d'une charmante chauve-souris vue de près.

6 à 19 % des chiroptères capturés et testés en Afrique centrale et de l'Ouest ont eu des contacts avec un virus du genre Ebola.

© IRD - Richard Oslisly

De nombreuses espèces de chauves-souris africaines ont croisé des virus du genre Ebola

Mis à jour le 29.01.2024

Une récente étude, menée par les spécialistes de l’IRD et leurs partenaires camerounais, congolais et guinéensDu Centre de recherche sur les maladies émergentes et réémergentes (CREMER), à Yaoundé au Cameroun, de l’Institut national de recherches biomédicales (INRB), à Kinshasa en République démocratique du Congo, et du Centre de recherche et de formation en infectiologie de Guinée (CERFIG), à Conakry en Guinée1, suggère que les contacts sont fréquents entre chauves-souris et virus du genre Ebola.
Près de 10 000 chiroptères9594 chauves-souris dont 5972 frugivores et 3622 insectivores1 ont été capturésPris dans des pièges ou des filets1, prélevés et soumis à des tests sanguins – avant d’être relâchés – en République démocratique du Congo (RDC) et en Guinée, deux pays qui ont connu des épidémies ces dernières années, mais aussi au Cameroun, pays à risque parce qu’il partage le même biotope Ensemble des éléments non vivants d'un écosystèmeet est frontalier d’une région du Gabon où a eu lieu une épidémie d’Ebola.
Si les tests PCRMéthode de biologie moléculaire permettant d’identifier rapidement un virus n’ont révélé la présence du virus chez aucune chauves-souris, les tests sérologiquesTest sanguins pour identifier la présence d’anticorps ont révélé qu’entre 6 à 19 % d’entre elles, selon l’âge et l’espèce, ont des anticorps qui réagissent avec des antigènes Molécule que le système immunologique d’un individu reconnaît comme étrangère, et qui provoque une production d’anticorpsd’un virus du genre Ebola. Les traces de quatre espèces différentes ont été recherchées : celles d’Ebola Zaïre, le plus répandu, du virus Soudan, responsable des épidémies au Soudan et en Ouganda, du virus Bundibugyo, à l’origine de deux flambées, une à l’est de la République démocratique du Congo et l’autre en Ouganda, et du Reston virus qui circule en Asie chez les primates et les porcs mais n’est pas pathogène pour l’humain. Et si presque aucun chiroptère n’a rencontré ce dernier, nombreux sont ceux qui ont croisé Ebola Zaïre, Soudan, Bundibugyo ou d’autres filovirus Famille de virus à laquelle appartiennent ceux d’Ebola, de la maladie de Marbourg, nommée ainsi parce qu’ils ont un aspect filamenteuxencore méconnus mais ayant une signature comparable.
Ces résultats confirment que les chauves-souris jouent un rôle dans l’écologie des virus du genre Ebola. Mais ils relancent aussi les questions sur le mode de transmission aux humains, et sur la place éventuelle d’un animal intermédiaire – primate ou autre – dans la chaine de transmission de cette zoonoseAffection transmise aux humains par des animaux.