Un groupe de maisons d'un ou deux étages, éventré par un tremblement de terre.

Le suivi des séismes lents pourra-t-il permettre de prédire les grands séismes destructeurs ?

© IRD - Juan Pablo Verdesoto

Quand les séismes lents se rencontrent

Les travaux de deux chercheurs de l’UMR Géoazur montrent comment la rencontre et la fusion de trois séismes lents a accéléré le glissement le long de la faille des Cascades, sous l’île de Vancouver au Canada, à l’automne 2013. Observés sur de nombreuses failles à travers le monde, les séismes lents sont des glissements imperceptibles sans instrumentsLeur activité est suivie avec des stations GPS de haute précision, qui mesurent très finement le déplacement du sol, et des stations sismologiques qui enregistrent des microséismes associés. 1, qui durent de quelques semaines à quelques mois – contre quelques secondes pour les séismes classiques - et ne génèrent pas directement de tremblements de terre. Leur rôle éventuel dans la survenue de séismes plus importants se pose : de tels événements auraient précédé des tremblements de terre destructeurs récents. En ce sens, les résultats publiés par l’équipe niçoise suggèrent que la coalescence Phénomène par lequel deux éléments dispersés tendent à s’unir et à croître ensemblede plusieurs séismes lents peut provoquer une accélération significative du glissement. Dans certaines conditions, qui n’étaient pas réunies ici, cette rencontre-fusion pourrait donc aboutir à un puissant tremblement de terre. L’enjeu ultime des recherches dans ce domaine est de parvenir à prévoir certains grands séismes en suivant l’évolution de l’activité des séismes lents, notamment en Amérique latine où ces aléas ont des impacts humains et sociétaux considérables.